L'orthographe a été modernisée.
En regardant vers le pays de France,
Un jour, il m’advint, à Douvres sur la mer,
De me souvenir du doux plaisir
Que j’avais l’habitude de trouver audit pays.
5 Alors je commençais à soupirer du fond du cœur
Même si cela me faisait un grand bien
De voir la France que mon cœur doit aimer.
Je m’avisai alors que c’était un manque de sagesse
De garder de tels soupirs dans mon cœur,
10 Puisque je voyais la voie de la bonne paix
Qui apporte tous les biens, commencer.
Alors, ma pensée se changea en réconfort.
Mais malgré cela, mon cœur ne se lassait pas
De voir la France que mon cœur doit aimer.
15 Alors je déposai dans la nef d’Espérance
Tous mes souhaits en leur priant d’aller
Au-delà de la mer sans plus tarder
Et de me recommander à la France.
Que Dieu nous apporte la paix sans tarder.
20 Alors j’aurai le loisir, si cela est possible,
De voir la France que mon cœur doit aimer.
La paix est un trésor qu’on saurait trop louer.
Je hais la guerre, je ne dois point l’apprécier ;
Elle m’a longtemps empêché à tort ou à raison,
25 De voir la France que mon cœur doit aimer.
Charles d'Orléans, Ballades, 1394 - 1465.
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